
Un article récent du « Reporter le quotidien de l'écologie » sur la fraude alimentaire révèle qu'un produit alimentaire prétendument biologique sur douze ne l'est pas. Il ajoute qu'une épice sur deux n'est pas composée exclusivement de l'ingrédient de base supposé.
L'article est principalement centré sur une interview qu'ils ont réalisée avec la journaliste Ingrid Kragl, qui travaille pour l'ONG Foodwatch; la mission de cette ONG est axée sur « une alimentation sûre, saine et abordable pour tous ».
D'après Ingrid, la quasi-totalité des produits alimentaires (fruits, légumes, poissons, huiles, épices, etc.) risquent d'être mal étiquetés ou falsifiés. Elle a révélé que plusieurs tomates cerises, kiwis et autres fruits cultivés et produits à l'étranger sont étiquetés comme provenant de France.
Ingrid a également indiqué qu'outre la francisation des produits, la contrefaçon est très répandue. Environ 59 % des poivrons commercialisés en France ne sont pas conformes à leur appellation. Souvent, des agents de charge (comme de l'amidon, du marc d'olive moulu ou du sable) y sont ajoutés, généralement pour augmenter artificiellement le volume tout en réduisant le prix.
Elle ajoute qu'ils ont découvert d'autres produits alimentaires qui ne correspondent pas à ce qu'ils prétendent être ou qui sont des imitations de qualité inférieure d'autres produits.
Le taux de fraude alimentaire en France et en Europe semble augmenter sans relâche ; selon un rapport de l' opération Opson (un programme de saisie et d'enquête sur les produits mené par Europol en collaboration avec Interpol), les saisies annuelles de produits alimentaires contrefaits et non conformes aux normes sont en constante augmentation dans les pays de l'UE – rien qu'en juillet 2020, environ 12 000 tonnes de produits alimentaires illégaux et potentiellement dangereux, d'une valeur marchande d'environ 28 millions d'euros, ont été saisies.
Les produits alimentaires contrefaits et falsifiés représentent un problème colossal pour les entreprises de production et de fabrication de la zone euro. La Commission européenne estime que ce fléau engendre des pertes annuelles de trente milliards d'euros pour le secteur.
Il semble également exister un manque de transparence autour de ces produits contrefaits, ce qui met en danger la vie des consommateurs. Ces derniers n'ont pas facilement accès aux informations relatives aux enquêtes sur les produits alimentaires contrefaits, même après leur découverte.
Ce qui aggrave encore la situation, c'est la diminution significative du nombre d'agents chargés de la lutte contre la fraude alimentaire au fil des ans. Ingrid Kragl a révélé que la Direction générale de l'alimentation (DGAL) a perdu près de cinq cents agents ces dix dernières années, ce qui a entraîné une baisse de 33 % des contrôles effectués par la DGAL. Elle a ajouté que « la situation s'est encore détériorée depuis le début de l'épidémie de COVID-19 »
Il est difficile pour l'œil humain de détecter facilement les contrefaçons ou les imitations de qualité inférieure des produits alimentaires que l'on trouve dans les rayons des supermarchés, et les consommateurs ne peuvent pas non plus vérifier aisément l'origine d'un produit telle qu'indiquée sur l'emballage. Il est donc urgent de s'attaquer à ce problème de fraude alimentaire dès son apparition.
Les autorités doivent impérativement s'attaquer au problème des produits alimentaires contrefaits et renforcer leurs effectifs pour mener des inspections et des enquêtes. De plus, les conclusions des enquêtes sur la fraude alimentaire devraient être rendues publiques afin que les consommateurs soient correctement informés.
Les fabricants et les autorités devront recourir aux technologies pour lutter contre la contrefaçon et améliorer la traçabilité de la chaîne d'approvisionnement. Les solutions anti-contrefaçon telles que celles proposées par Cypheme offrent un large éventail d'applications, permettant aux fabricants de protéger leurs produits et aux consommateurs de détecter facilement et rapidement les contrefaçons alimentaires grâce à leur smartphone.
De plus, les solutions anti-contrefaçon comme celle de Cypheme permettent aux organismes parapublics et aux agences de détecter la fraude alimentaire et même de retracer les points de fabrication frauduleux afin que les acteurs criminels soient appréhendés.